News bière – Épidémie culturelle | Le Journal de Québec – Houblon

Cette phrase a beaucoup circulé ce week-end sur les réseaux sociaux: «Vos grands-parents ont traversé la guerre. On vous demande de traverser … une période où vous devez rester à la maison, assis sur votre canapé. Tu vas y arriver! “

C’est ironique, bien sûr. Mais il est entendu qu’il y a là une vérité: par rapport au sacrifice de nos prédécesseurs, être en retrait forcé entre les quatre murs de sa maison, c’est de la petite bière.

J’aime aussi celui-ci: “Pour contribuer à une grande cause pendant la Seconde Guerre mondiale, vous avez dû mourir face à la boue alors que maintenant vous pouvez rester chez vous, regardez le Sopranos et passer pour un héros. “

SAUVER DES VIES EN RESTER À LA MAISON

La mauvaise nouvelle a continué à affluer vers la communauté culturelle en fin de semaine: fermeture des bibliothèques, fermeture de tous les théâtres pendant 30 jours, musées, cinémas.

“On a le droit de se saouler parce que la SAQ est ouverte, on a le droit de geler parce que les poteries sont ouvertes, mais on n’a pas le droit d’aller au cinéma”, s’exclame Vincent Guzzo.

Mais ce qu’il ne comprend pas, c’est que si vous vous achetez un Chianti ou un joint, vous ne passez pas une heure et demie assis à côté de dizaines de personnes dans un endroit fermé, que vous risquez de contaminer.

C’est sûr que toutes ces fermetures sont d’une incroyable tristesse. Heureusement, de nombreuses initiatives nous permettront de passer au travers.

Je pense au Festival International du Film sur l’Art, qui a annoncé que plusieurs films de son édition seront disponibles en ligne (artfifa.com).

Je pense à la compagnie de cirque Flip Fabrique, qui met à disposition l’ensemble du spectacle Feria – L’attraction, offert par Québec (flipfabrique.com).

Je pense au Metropolitan Opera, qui retransmettra gratuitement ses œuvres dès ce soir, sur son site. Et le premier disponible ce soir à 19h30 sera Carmen de Bizet de 2010, avec Yanick Nézet-Séguin comme directeur musical.

Mais ce ne sont pas seulement ces initiatives qui me ravissent.

Quelqu’un sur le hashtag Twitter #confinementreading. Et tout le monde a des suggestions de livres à passer. Cela va de Mains sales de Sartre (à lire avec une bouteille de Purell) à L’amour au temps du choléra par Garcia Marquez.

Au Québec, les librairies sont toujours ouvertes. Et si au lieu de stocker compulsivement du papier toilette, nous stockions compulsivement un autre type de papier: celui sur lequel nous imprimons des livres?

Comme l’a écrit un internaute clandestin: “Ne paniquez pas. Achetez des livres. Vous aurez quelque chose pour empêcher vos mains de toucher votre visage et, si c’est un mauvais livre, vous aurez résolu le problème du papier toilette.”

Pour ma part, je pense à relire Peste de Camus: “Personne n’avait encore vraiment accepté la maladie. La plupart d’entre eux étaient particulièrement sensibles à ce qui perturbait leurs habitudes ou affectait leurs intérêts.”

Cela ressemble beaucoup à ce que nous vivons au Québec en ce moment, n’est-ce pas?