Craft beer – Frontenac et Dow, ces bières qui ont marqué Montréal – Bière

Bien avant la popularité des microbrasseries, la bière était déjà fabriquée à Montréal. Deux brasseries en particulier, aujourd’hui disparues, ont marqué l’histoire de la métropole: Frontenac et Dow. L’historien Jonathan Livernois rappelle les temps forts de ces deux sociétés de brassage.

Frontenac, le Canadien français

La brasserie Frontenac a été construite en 1913 par la famille Beaubien. C’était dans l’actuel Mile-End, où se trouvent aujourd’hui les entrepôts de la ville de Montréal.

La brasserie était un magnifique bâtiment, souligne Jonathan Livernois. J’ai vu plusieurs photos. Cela ressemblait à un château.

Illustration couleur montrant un immense bâtiment avec une longue cheminée.

Une carte postale montrant la brasserie Frontenac

Photo: Musée Pointe-à-Callière / Fonds Christian Paquin

La bière Frontenac est depuis longtemps la boisson de choix des Canadiens français. Il a été commercialisé jusqu’aux années 1950.

La brasserie a été démolie en 1972 lors de la construction du viaduc du boulevard Rosemont.

Dow, une des pires gestion de crise au Québec

La brasserie Dow a été fondée en 1790 par Thomas Dunn. Située à l’origine à La Prairie, elle a déménagé à Montréal et a pris le nom de Dow en l’honneur de William Dow, partenaire de Thomas Dunn.

Selon Jonathan Livernois, la bière Dow est entrée dans l’imaginaire des Québécois.

En 1935, il commandite le tout premier roman radiophonique québécois: Le prêtre du village, écrit par Robert Choquette. Elle est également commanditaire des matchs de bowling diffusés à Radio-Canada depuis longtemps.

Maurice Richard lui-même était un représentant de l’entreprise.

Dow est également à l’origine du Planétarium de Montréal, fondé en 1966, qui portait alors son nom.

Jonathan Livernois précise qu’à son apogée, au milieu du 20e siècle, Dow détenait 51% des parts de marché au Québec.

Mais si l’on se souvient de la bière Dow aujourd’hui, c’est principalement à cause du scandale sanitaire auquel elle était associée.

Dans les années 1960, une cinquantaine de travailleurs de la basse-ville de Québec souffraient d’une étrange maladie cardiaque. Une vingtaine est décédée.

Rien, à l’époque, ne visait la brasserie, mais elle a décidé, de sa propre initiative, de jeter 500 000 gallons de bière dans les égouts de Québec., explique Jonathan Livernois.

C’est l’une des pires gestion de crise au Québec.

Jonathan Livernois, historien

Nous n’avons jamais vraiment su ce qui a causé la maladie des travailleurs, mais nous savons que la bière Dow commercialisée au Québec contenait une plus grande quantité de sel de cobalt, un agent qui fait mousser la bière, qu’ailleurs dans la province. .

Fort de la réputation de la brasserie gravement endommagée, Dow a été achetée par la société O’Keefe en 1967. Elle poursuivra ses activités jusqu’en 1991.

Les bâtiments de la brasserie existent encore aujourd’hui. Une partie a été transformée en condos et une autre abrite aujourd’hui les locaux de l’École de technologie supérieure.