Craft beer – Coronavirus: comment l’enfermement bouleverse les funérailles – Bière blonde

Cette déclaration n’est pas passée inaperçue. Interrogé mardi soir sur la possibilité pour un citoyen d’aller aux funérailles d’un ami lors de son internement, le Premier ministre Édouard Philippe a répondu, sérieux: “Ce que je vais dire est terrible à entendre, mais je dois être à la hauteur des fonctions Je tiens, je réponds non ».

Il poursuit: “Nous devons limiter les voyages autant que possible et même dans ces circonstances, nous ne devons pas déroger à la règle qui a été établie. Je le dis avec une grande tristesse mais avec une grande détermination”.

Si les lieux de culte restent accessibles au public pendant la détention, leur accès est limité. Les masses sont ainsi suspendues. Les inhumations doivent avoir lieu “dans la plus stricte intimité”, précise le diocèse de Paris. Ces célébrations ne doivent pas réunir plus de 20 personnes maximum et ce, jusqu’au 15 avril, selon un décret pris par le gouvernement. “Les fidèles doivent laisser au moins un espace vide entre eux”, précise au téléphone, l’évêque auxiliaire de Paris, Denis Jachiet.

Rituels religieux adaptés

“Nous essayons également de trouver un endroit isolé quand nous le pouvons pour les personnes très proches du défunt ou du conjoint”, ajoute-t-il. Enfin, par précaution, les personnes de plus de 70 ans et plus ne pourront pas participer à ces célébrations.

D’autres instructions strictes ont été données dans toutes les paroisses de France. Les rituels religieux sont adaptés pour limiter au maximum toute contamination. «Il n’y aura évidemment pas de célébration eucharistique, c’est-à-dire pas de partage d’hôtes. Et nous n’autorisons que les prières pour les bénédictions », a déclaré le pasteur. “Nous ne nous joignons pas les mains et nous ne transmettons pas non plus d’objets comme le pinceau [ndlr; utilisé pour asperger le cercueil d’eau bénite] ou des bougies ». La bénédiction traditionnelle du cercueil par des êtres chers ne peut donc pas se faire.

De même, aucun livre de condoléances ne sera mis à la disposition des proches. “La situation est si extraordinaire que la plupart des familles comprennent ces règles”, a expliqué l’évêque.

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“Un ou deux proches” dans le salon de méditation

Dans un autre scénario, certains directeurs de funérailles ne veulent pas toujours entrer dans l’Église. “Notre personnel peut alors prendre le relais pour transporter le cercueil”, note Mgr Denis Jachiet.

Pour les cérémonies civiles, encore une fois, tout rassemblement ne doit pas dépasser 20 personnes. “Nous autorisons un à deux proches maximum dans le salon de méditation, lors de la mise en bière”, explique Adrien Petit, directeur d’un directeur de funérailles en Seine-et-Marne.

Les règles sont évidemment plus strictes en cas de décès d’une personne infectée. Le Conseil supérieur de la santé publique (HCSP) recommande que le corps soit placé dans un sac mortuaire étanche, hermétiquement fermé et transféré dans la chambre du corps. «Nous inscrivons l’identité de la personne sur la couverture car après cela, nous ne pourrons plus l’ouvrir. De plus, aucun soin ni embaumement ne peut être effectué par des thanatopraticiens. Le brassage se fait très rapidement », insiste Adrien Petit.

Procédures d’urgence

«En cas de décès d’une personne infectée à l’hôpital, les proches peuvent voir le corps dans les deux heures. Cependant, ils devront porter un équipement spécial “, a expliqué le responsable, ajoutant qu’après cela” le corps sera placé dans une housse par le personnel médical, avant le cercueil “.

Ces procédures d’urgence ont déjà alimenté la colère de certaines familles qui n’ont pas pu voir leurs proches une dernière fois. La semaine dernière, le cercueil d’au moins deux habitants d’un Ehpad situé à Thise dans le Doubs avait été scellé, avant que les familles n’aient le temps de se dire au revoir, a expliqué L’Est Républicain.

La France n’est pas seule à appliquer ces règles strictes de confinement pour les enterrements. En Italie, près de 50 personnes avaient déjà été condamnées à une amende la semaine dernière dans une petite ville de l’ouest de la Sicile pour avoir suivi un cortège funèbre. Les contrevenants ont encouru jusqu’à trois mois de prison et une amende de 206 euros, selon les médias italiens.