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Bière artisanale – Quand le bar à bière vous invite à la maison – Bière brune

Chez “Untenable” à Obernai, la bière pression est confinée. En fûts bien sûr ainsi qu’en canettes récemment. L’idée germait depuis quelque temps dans l’esprit de Julien Brand. Et elle a soudainement refait surface le lendemain de l’accouchement. Après l’annonce de la fermeture – “une vraie claque”, se souvient notre jeune patron qui a quelques autres adresses dans la région – nous avons dû rebondir.

Certes, l’horizon est très flou. Les cafés, bars et restaurants ne rouvriront que le 2 juin. Et l’avenir est encore moins visible dans l’écume d’une bière. Sans compter l’argent comptant, plus que fragile.

Alors on se cantonne, on se pose la question et on se souvient des bonnes vieilles idées, comme celle-ci, importées du Québec: “Bière pression, à emporter, en canette”. Ni un ni deux, Julien s’équipe d’un commissaire-priseur, “commandé en Norvège et fabriqué en Australie” et obtient des canettes vierges. L’avantage est double: “Il me permet de liquider les fûts stockés”. Parce que le vin et les spiritueux forts vieillissent bien, la bière l’est moins. Et surtout, ce système de livraison vous permet de rester en contact avec les piliers de bar et autres amateurs de bonne mousse. “Le bar à bière travaille beaucoup avec des clients réguliers”, se souvient notre bistrot.

Une semaine au frigo

Plusieurs bières sont proposées, dont une brassée en interne et une autre baptisée, en un clin d’œil savoureux à l’actualité, Clo’rouquine. Tous sont tirés le matin, puis sertis dans des boîtes personnalisées et enfin livrés dans l’après-midi. Et tout cela avec les sourires masqués et les petits bras musclés du barman et de son équipe, et surtout l’assurance que la bière “se conservera une semaine au frigo”.

Le phénomène lancé la semaine dernière se limite actuellement à un rayon de 10km autour d’Obernai, Molsheim et Haguenau où il fait déjà fureur avec “500 canettes livrées en une journée”. Mais il a également commencé à rejoindre Strasbourg où l’un ou l’autre bar aurait goûté le commissaire-priseur. En tout cas, c’est une formule toute faite pour répondre à l’incroyable frénésie des apéritifs en tout genre, plus ou moins partagés et observés aussi bien en période de confinement qu’en déconfinement.

Enfin, il ne fait aucun doute que ce bar «hors les murs» a un avenir. Parce que l’éloignement oblige, Julien s’attend cet été à voir moins de monde dans ses établissements. Un vide qu’il compte combler en perpétuant sa mousse dans des bidons.