Bière artisanale – Coronavirus – Pour les travailleurs frontaliers: confinement doublement difficile – Houblon

Vendredi 15 mars dernier déjà, Fabian Bingoni, brasseur belge a dû fermer sa brasserie située à Carignan dans les Ardennes à quelques kilomètres de son domicile de Chiny, un village proche de Florenville en Belgique. Lundi soir, il écoute le discours du président français Emmanuel Macron, il espère que les mêmes mesures de confinement en France n’auront pas lieu en Belgique.

Depuis le mardi 17 mars, les frontières de l’Union européenne se ferment

Aujourd’hui, il se demande déjà quelles seront les étapes pour pouvoir se rendre dans sa brasserie en France. Parce que sa bière, il la fait sur place à Carignan. Le lendemain, Fabian est allé en ville et s’est rassuré en voyant tous les magasins ouverts et avec le temps doux, les gens se promenaient en ville. Personne ne semble inquiet des annonces de la France. Mais l’atmosphère change en dehors du centre-ville. Fabian note qu’il existe de longues files d’attente dans les supermarchés mais également qu’aucune mesure n’est prise pour protéger les clients.

En revanche, il remarque que les caissiers portent un masque et nettoient le tapis roulant des caisses après chaque rush.

Les scénarios français se sont répétés

Les étagères ont été dépouillées de toutes les nécessités de base. Mardi, Fabian se dit comme beaucoup de Belges à ne pas trop comprendre les mesures annoncées précédemment en Belgique. “En tant que Belge, nous ne comprenons pas bien ces demi-mesures, pourquoi tout fermer le week-end et non les jours de semaine, cela n’encourage pas les gens à rester à la maison, on vit comme s’il n’y avait pas de mesures, à part le fait qu’on a nos enfants et que nous ne pouvons plus aller au restaurant… »

Nous soupçonnions que d’autres mesures seraient prises. Les indépendants sont très inquiets de la situation et se demandent si l’État ne leur a pas demandé de fermer, car ils n’ont prévu aucune mesure de soutien aux PME …
Fabien, entrepreneur

Sa micro-brasserie en danger

Fabian a déménagé à Carignan il y a moins d’un an pour ouvrir sa micro-brasserie. Chaque jour, il fait des allers-retours entre la Belgique et les Ardennes car pour lui “il n’est pas question de s’installer dans les Ardennes pour la semaine et de ne pas voir sa femme et ses enfants”. D’autant plus que le voyage est bon, agréable et fluide, à peine une demi-heure. Sa brasserie Yvoise fait rêver depuis des années. Ce brasseur, ancien restaurateur aime imaginer de nouveaux goûts. Il a donc commencé avec un ami, son voisin, assistant de laboratoire d’une grande marque de bière trappiste en Belgique, dans la création de sa bière. Seul un produit fabriqué doit être surveillé en permanence.

«En tant que travailleur transfrontalier travaillant en France et résidant en Belgique, nous ne savons pas quoi faire, demain je dois aller à la brasserie parce que la bière est un produit vivant qui doit être contrôlé et testé. Les conséquences financières pour nous qui vendons principalement dans notre établissement mais aussi dans les cafés, restaurants mais aussi dans les foires, salons, fêtes de la bière … sont catastrophiques, c’est l’arrêt total de toute notre activité sans aucun revenu possible avant minimum 3 semaines . Seules nos charges restent inchangées, crédit en cours, électricité, eau, gaz, assurance, Ursaff … Le discours du président Macron nous rassure un peu, mais nous posons beaucoup de questions, comment et quand demander cette aide? Combien est-ce que ça va coûter? “

Quatre à la maison

Aujourd’hui, Fabian est confiné avec sa femme et leurs deux enfants, âgés de 4 et 9 ans. Les enseignants envoient des feuilles de révision par e-mail mais aucun nouveau progrès dans les leçons. Fabian est inquiet pour sa femme car elle est très inquiète pour ses parents qui vivent de l’autre côté de la frontière à Pure dans les Ardennes. “Nous prenons soin de nos enfants et nous allons faire une petite promenade par jour. Si c’est pour nous protéger, nous n’avons pas beaucoup de choix.” Fabian va essayer d’envoyer des photos pour garder un échange transfrontalier. L’enfermement est annoncé jusqu’au 5 avril.